Couvin: Roger Petitjean est décédé, c'était la Quincaillerie Baurain

PETITJEAN Roger janvier 2005.JPGEncore une figure couvinoise qui disparaît. Roger Petitjean s'en est allé ce lundi 19 août à Couvin, la ville qui l'avait vu naître le 5 décembre 1922. Ses funérailles se dérouleront ce jeudi 22 août à 10h30 en l'église décanale de Couvin. Dans l'attente de la cérémonie, il repose au funérarium Gilson (salon A), rue Planesse à Couvin, où les visites sont attendues ces mardi et mercredi de 16 à 19h.

Roger Petitjean, c'était la Quincaillerie Baurain, un de ces magasins rarissimes de nos jours (si pas, carrément inexistants), sorte de grand bric-à-brac au sens positif du terme, merveilleusement bien organisé. C'est là que, chaque jour, les bricoleurs ou hommes de métiers, les chasseurs, les pêcheurs, les ménagères -en fait, tout le monde-, allaient chercher trois vis, cinq boulons, un passe-vite, un moulin à poivre, une foreuse, une boîte de cartouches, un couteau suisse, une bonbonne de gaz ou un service à verres. On y trouvait même des verres pour les quinquets, ces lampes à pétrole en cuivre, que l'on s'arrache aujourd'hui dans les brocantes. Une entreprise centenaire, qui avait fait sa réputation, justement  parce qu'on pouvait y trouver tout, à la pièce. C'est aussi cette caractéristique qui a mené l'entreprise à la faillite, il y a quelques années: une fin précipitée par la concurrence des chaînes de magasins de bricolages, où l'on ne trouve pas grand-chose, mais en grandes quantités en partie inutiles.

La réussite commerciale de Roger Petitjean l'avait érigé au rang des notables, sociétaires couvinois demandés et appréciés dans les associations. Il était président d'Honneur de l'Association des Commerçants et Industriels de Couvin, membre de la Confréries des Archers de Saint-Sébastien, vice-président honoraire de la Société Royale d'Harmonie de Couvin. Citoyen d'Honneur des villes de Couvin et de Montbard, Roger Petitjean était aussi un patriote. Il était réfractaire 40-45 et, à l'époque, il avait été à la base d'un grand mouvement de solidarité mis sur pied par "les jeunes filles et les jeunes gens de Couvin" en faveur des sinistrés du pays. Il y a quelques années, Roger Petitjean nous avait confié ces quelques souvenirs. C'était un personnage...

BERNARD THEIS

Photos, ci-dessus et ci-dessous (cliquez sur les clichés pour les agrandir):
-Roger Petitjean, il y a quelques années (2005, photo B.TH.);
-La semaine de la solidarité, dans les années 40. Roger Petitjean est debout, à droite (photo famille Petitjean);
-La Quincaillerie Baurain, une vraie institution (photo B.TH.).

couvin,décès

Lien permanent Catégories : Couvin: quoi de neuf?, Gens d'ici et d'ailleurs 2 commentaires

Commentaires

  • La quincaillerie Baurain? Tout un programme... On pouvait s'y promener de nombreuses minutes. Tout cela dégageait une certaine poésie, qui me fait encore aujourd'hui penser à la chanson de Bialek. Il y avait là des employés, sanglés dans les mêmes tabliers gris-bleu qu'on nous obligeait à porter aux cours d'atelier, à l'école moyenne.

    Chaque personnage, car on pouvait parler de personnage, avait ses marottes, ses spécialités..."Ah oui, ce genre de boulon... Mais ils sont autoblocants, vous savez! C'est mieux, mais plus difficile à placer". Roger, le "Baurain" lui, était très compétant en outillage, et en produits de la transformation du bois.. Avait-il travaillé en poèlerie, ou chez Donnay? Nul ne le savait. Mais quand il s'agissait d'acheter une luge, un manche d'outil, un foret, une scie cloche, une meule, il prenait le temps d'expliquer, l'air quand même un peu goguenard, les avantages ou les inconvénients des produits qu'il proposait aux chalands...

    Oh, sans doute la foreuse, ou le passe-vite coutait-il plus cher qu'au Cora de Chatelineau - je vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître - mais au moins on ressortait de chez Baurain avec la certitude d'avoir fait un choix éclairè!

  • C'était un bel endroit, où tout le monde trouvait son compte. On y a trouvé jusqu'au bout un accueil humain. C'était pas toujours rapide, mais on s'en foutait. Là au moins, il y avait un service, un vrai. Je n'ai pas vraiment connu Roger, mais Max, et c'était déjà très bien.
    Un des lieux de Couvin que je regrette...

    Condoléances à sa famille, et Merci pour avoir été !

Les commentaires sont fermés.