Couvin: prêt européen de 80 millions € pour le contournement

La Banque Européenne d'Investissement (BEI) accorde un prêt de 80 millions € à la Wallonie pour les travaux du contournement de Couvin. C'est ce qu'a indiqué, ce mercredi 22 janvier, le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio, qui se réjouit de voir ainsi aboutir un dossier entamé par son prédécesseur Benoît Lutgen.

Ce prêt de 80 millions € sera utilisé par la SOFICO (Société de Financement Complémentaires des infrastructures), émanation de la Région wallonne. "Le financement de l'aménagement autoroutier de l'E420 entre Frasnes et Brûly est ainsi assuré", se réjouit le ministre Di Antonio qui a pointé les nombreuses investigations menée par le BEI avant d'accorder ce prêt. C'est que le contournement de Couvin est un chantier d'ampleur importante, aux conséquences économiques, financières -coût total estimé à 176 millions €- et environnementales importantes. Ces dernières ne peuvent d'ailleurs passer inaperçues.

Di Antonio indique encore que le chantier devrait s'achever dans le courant du deuxième semestre 2017, un aboutissement quasi concomitant avec la fin du chantier français.

Cette décision de la BEI est la confirmation de l'importance européenne donnée à ce tronçon autoroutier, considéré comme manquant sur la Nationale 5 entre Charleroi et Reims. De manière encore plus large, il est présenté comme le chaînon manquant sur un axe autoroutier transeuropéen de Marseille à Rotterdam.

Notre opinion

Sans manifester une opposition farouche, "Le Couvinois" s'est toujours montré critique par rapport au contournement de Couvin, l'ampleur de son chantier et l'importance qu'on lui donne...

L'intérêt principal d'un contournement réside dans la sécurité qu'il va amener à l'intérieur de la cité couvinoise.

Mais ce contournement va aussi inviter des milliers de conducteurs à éviter Couvin. Dès lors, prétendre sans plus d'actions concrètes que ce contournement va amener le développement économique dans cette région n'est, à ce stade, qu'une vue de l'esprit qui peut être dangereuse dans le sens où elle pousse à l'immobilisme. Nous l'avons déjà écrit: c'est maintenant, avant la fin du chantier, que des actes doivent être posés pour que l'effet attendu du contournement soit une réalité. Les carences actuelles doivent être comblées au plus vite: le manque de visibilité de la région couvinoise, le manque de possibilités d'hébergement sont des freins au tourisme, important facteur de santé économique et sociale de la région.

L'importance européenne du contournement de Couvin est aussi une conception... Dont la crédibilité s'arrête à "Mariembourg-nord". Passé cette limite, la route devient une chaussée à quatre bandes relativement étroites, polluée par de nombreux carrefours, ronds-points et voiries transversales présentant un danger constant. Plus loin encore, les conducteurs se trouvent freinés par le goulot d'étranglement que constitue Charleroi-sud. De ce côté, on tergiverse...

Enfin, on ne peut passer sous silence les dégâts que le chantier occasionne pour l'environnement, ni la poussière et la crasse qu'il provoque. On ne fait pas d'omelette sans casser les œufs, rétorquera-t-on facilement. C'est sans doute pour cela que, dès le printemps et à plus forte raison pendant l'été, la région couvinoise va déguster. L'omelette aura un goût amer.

BERNARD THEIS

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