Frasnes-lez-Couvin: ça chauffe à nouveau dans le secteur de la poêlerie

Difficile de parler chauffage quand il fait quelque 32°... Mais les nouvelles apportent de bonnes fraîcheurs dans la région couvinoise, où la poêlerie mériterait d'être intégrée dans le patrimoine immatériel régional.

Il y a quelques mois, "Le Couvinois", le blog qui vous dit quoi, avait été le premier organe de presse à révéler que d'anciens travailleurs de la défunte Thermic Distribution Europe (elle-même issue, à l'origine, des Fonderies du Lion) souhaitaient remettre sur pied une unité de fabrication de poêles. Entre la révélation et le concrétisation, quelques mois se sont écoulés. Un temps mis à profit pour faire bouillir la marmite avant d'y plonger les ingrédients. Autrement dit, s'assurer que l'entreprise n'était pas vouée à l'échec, qu'elle pouvait démarrer sur des bases concrètes et s'enrichir de perspectives d'avenir. Avec SCJ Stove Work, cela semble bien être le cas.  

Voir aussi l'album des photos prises lors de l'inauguration de la nouvelle entreprise, ce vendredi 3 juillet. Cliquez ici.

SCJ stove work est donc la sprl créée sur une partie des cendres à peine refroidies de la défunte Thermic Distribution Europe. Cette nouvelle entreprise, qui a commencé à travailler ce 1er juillet et qui a été inaugurée ce vendredi, démarre sur des bases solides, construites au cours d'un travail et de négociations de plusieurs mois.
A la base, un client privilégié: Hergom, une fonderie de poêlerie espagnole basée à Santander. Cette société s'est vue accorder la licence exclusive (et les brevets s'y rapportant) pour la fabrication et la commercialisation des poêles de marque Nestor Martin et Surdiac. Comment cela a-t-il été possible? Tout simplement parce que ces licences et brevets appartiennent à une société Energ Trade Invest Lux. Cette société est contrôlée par un certain Rudy Cyris. On comprend mieux dès lors le rôle qu'a pu jouer l'ancien patron de l'entreprise frasnienne, avant l'arrivée et la débâcle des Espagnols d'Ecomasa. C'est d'ailleurs avec le tremolo dans la voix et les larmes aux yeux que Charles Supinski, un des deux administrateurs de la nouvelle société SCJ Stove Work, a remercié Rudy Cyris, le nommant d'emblée "parrain" de la nouvelle entreprise.

Cet accord offre plusieurs garanties à SCJ Stove Work. Hergom garantit en effet une sous-traitance, les besoins financiers pour un fonds de roulement (plusieurs millions €), une prise en charge des frais fixes. SCJ facture le travail à Hergom, assure la représentation commerciale de Nestor Martin et Surdiac pour la Belgique et le Nord/Pas-de-Calais français, distribue les pièces de rechange d'origine pour tous les pays. Et SCJ garde une entière liberté de fabriquer pour des tiers ou pour elle-même.

Cette liberté offre des perspectives intéressantes. Ainsi, un poêle-chaudière innovant, à bois, conçu par Arnaud Mambour (ancien responsable recherche et développement de l'entreprise frasnienne), qui se charge par le dessus et offre le spectacle d'une flamme non plus unique mais multiple. "Dans un marché déjà saturé, il faut sortir de l'ordinaire, apporter une différence", nous a confié le jeune ingénieur.
Autre perspective, la production de poêles Parallel, élaborés et conçus par Rudy Cyris (voir le site www.parallelstoves.com ) et d'une nouvelle gamme de produits de la marque Don Bar, également propriété de Rudy Cyris.

Enfin, le maintien de l'outil d'émaillerie permet aussi des négociations avec Deville, fabricant d'appareils siégeant dans la vallée de la Meuse tout proche (à Deville...) qui, depuis la fermeture de sa propre émaillerie, fait émailler ses productions en Alsace.

On notera que le démarrage de SCJ Stove Work est aussi imprégné d'intentions sociales. SCJ étudie la possibilité de lancer un programme de formation en alternance en soudure au profit des jeunes de la région. Et des investisseurs privés s'intéressent au lancement de la production de Parallel à Couvin, sur laquelle se grefferait une action caritative: mise à disposition gratuite aux CPAS du pays d'un certain nombre d'appareils de chauffage à l'attention des plus démunis.

SCJ démarre avec une vingtaine de personnes, reprises des anciennes usines sur base de leur polyvalence parmi d'autres critères. L'entreprise ne devrait pas en rester et compte bien entretenir la flamme qui l'anime.

BERNARD THEIS 

 

 

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