contournement - Page 5

  • Couvin: E420, contournement, pas de modification de programme

    Ce n'est plus un secret pour personne... L'invalidation du DAR (Décret de l'Autroité Régionale) rend possible les recours au Conseil d'Etat contre le contournement de Couvin.
    Une famille riveraine du tracé du contournement, "Namèche et consorts", rue de la Platinerie, utilise cette possibilité pour introduire un recours en annulation du permis d'urbanisme signé le 3 février 2009. "Namèche et consorts" possèdent une propriété dans la vallée du Ry de Rome, dont une partie serait expropriée pour le contournement. Ces riverains ont donc peur de se retrouver face à un immense talus surmonté d'une autoroute.

    Dans leurs démarches, les Namèche sont assistés à titre principal de Me Bribosia, un avocat hutois et celui-ci a pris conseil auprès de Me Denis Brusselmans, qui connaît bien ce dossier et pour cause. Il l'a déjà épluché de fond en comble alors qu'il était conseil des familles de le Court/Terlinden, qui avaient déposé précédemment un recours.

    L'argumentation principale défendue par les déposants et leurs avocats? Le tracé du contournement n'a pas été choisi en fonction d'études d'incidences portant sur différents tracés possibles. Or, pour eux, un tracé par l'ouest aurait été meilleur, moins coûteux, moins dévastateur, nécessitant moins d'expropriations et plus rapidement exécuté.

    Entre-temps, en septembre 2011, Benoît Lutgen alors toujours ministre, a donné le premier coup de pelle marquant le début des travaux. Une première phase a été menée à bien, à savoir la réalisation d'un pont permettant à l'autoroute d'enjamber l'Eau Noire avant le Nieumont.
    La deuxième phase est également en cours. On ne peut que le constater, à la vue des abattages en masse d'arbres sur le tracé prévu. Elle est aussi en route administrativement: négociations en cours pour les expropriations, contacts avec la Banque Européenne d'Investissement pour les subsides, examen des offres des entreprises en prélude au choix des sociétés adjudicataires. Celles-ci, heureuses élues, devront non seulement mener à bien la construction de l'autoroute, mais aussi en assurer l'entretien pendant quinze ans.

    Voilà où on en est dans ce dossier.

    Les interrogations suscitées par ce recours ont amené d'une part une réunion du Comité pour le Contournement par l'Est, d'autre part une série d'interpellations adressés aux ministres Di Antonio (Travaux Publics et Transports) et Henry (Aménagement du Territoire).

    Le Comité pour le Contournement espère que le comité d'acquisition va négocier pour éviter que ce recours n'aboutisse. Il se dit, en effet, que les Namèche et consorts abandonneraient les poursuites s'ils obtenaient une expropriation de l'ensemble de leur propriété. Les riverains concernés et leurs avocats ne semblent toutefois pas confirmer cette position.

    Des interpellations formulées aux ministres par les députés wallons Maene (PS), Lebrun (cdH) et Borsus (MR), il apparaît qu'il n'y a rien de changé dans les prévisions de travaux. D'ailleurs, tant Henry que Di Antonio prétendent ne pas savoir qu'un recours a été déposé, puisqu'il n'en ont reçu aucune confirmation officielle. Position que le MR Willy Borsus trouve quelque peu cavalière, car elle retarde la prise de position que cette situation exige.
    Bref, pour les ministres de la Région wallonne, rien de changé. De là à dire que tout va bien, il n'y a qu'un pas... Un pas que nous jugeons irréaliste... On voit mal comment les travaux pourraient continuer normalement alors qu'une expropriation ne peut se réaliser et qu'une procédure judiciaire est en cours. Une procédure. Pour l'instant. Car rien n'exclut d'autres recours. Carlo Di Antonio, en réponse à une interpellation de Michel Lebrun: "Nous sommes dans une période où des recours peuvent être déposés. Je  ne peux pas imaginer qu'il n'y en ait pas d'autres."

    Bref, ça promet. Pour "Le Couvinois" -le blog qui vous dit quoi-  ces déclarations hésitantes, ces attentes de confirmations, cette volonté qui apparaît aveugle de continuer les travaux comme si de rien n'était, continuent à nous montrer que la Région wallonne ne maîtrise pas ce dossier et continue de s'emberlificoter dans des errements vraiment très hasardeux. La sécurité des Couvinois et le développement socio-économique (encore que ce dernier reste hypothétique) n'ont rien à gagner dans un tracé administratif et politique aussi sinueux.

    BERNARD THEIS

    Lien permanent Catégories : Couvin: quoi de neuf?, Humeur, humour et grognes, Politique locale et régionale 0 commentaire
  • E420 à Couvin: le comité pour le contournement souhaite une négociation

    Comme annoncé, le Comité pour le Contournement Est de Couvin s'est réuni ce mardi 8 janvier. Cette réunion faisait suite à l'annonce du dépôt d'un recours au Conseil d'Etat contre le contournement Est de Couvin par un riverain du projet. Le Comité souhaite pousser le comité d'acquisition -chargé des expropriations inhérentes à la réalisation du projet- à négocier.

    Un récent article de journal (Patrick Lemaire, dans L'Avenir) titrait: "Bardaf, un recours contre le contournement". Un de nos lecteurs, José Laffineur, qui manie subtilement la lanque française, réplique en paraphrasant: on devrait écrire "Dar baffe". Réflexion pleine d'humour, mais aussi de bon sens, puisque c'est parce que la Cour constitutionnelle a invalidé le DAR, le Décret de l'Autorité Régionale, que des recours au Conseil d'Etat sont de nouveau possibles contre  le permis d'urbanisme du contournement de Couvin.

    Des particuliers de Couvin, consorts Namèche, utilisent cette possibilité pour introduire un tel recours en annulation du permis d'urbanismes du contournement par l'est de Couvin. Justification, telle que présentée par les avocats Mes Michel Bribosia et Denis Brusselmans: "La ravissante poropriété des consorts Namèche, à la Platinerie, sera totalement massacrée si le projet actuel de contournement du centre de Couvin est concrétisé."  C'est ce qu'on peut lire dans la lettre d'invitation à une conférence de presse des avocats. Lettre qui poursuit: "Nos clients, quoiqu'ils ne soient absolument pas contre ce contournement, désirent fermement qu'un autre tracé soit retenu".

    Ce mardi 8 janvier en soirée, le Comité pour le Contournement par l'Est de Couvin s'est réuni à l'invitation de son président le conseiller communal Vincent Delire. Le bourgmestre Raymond Douniaux était présent, qui a fait part des informations lui livrées par l'ingénieur Lecomte chargé de la concrétisation du projet pour le MET (Travaux Publics). Le conseiller communal Benjamin Calice (qui a l'aménagement du territoire dans ses attributions scabinales), attaché parlementaire, a dévoilé le contenu des prochaines interventions des députés wallons Maene et Tillieux.

    Le Comité pour le Contournement, se basant sur les dires de Me Brusselmans, pense que le recours sera levé si les requérants obtiennent satisfaction, soit une expropriation proportionnelle au préjudice qu'ils estiment subir.  "Dès lors, nous entendons presser le comité d'acquisition (chargé des expropriations) à négocier. Ce comité d'acquisition dépend du fédéral et non de la Régioon wallonne. Nous avons donc sollicité la collaboration du député fédéral local, Jean Marc Delizée", relate Vincent Delire.

    La Commune de Couvin est déterminée à prendre un avocat pour assister les conseils de la Région wallonne. En outre, le comité sera représenté à Namur lors des interventions parlementaires.

    Quelques rappels

    -Le permis d'urbanisme contesté ici a été signé le 3 février 2009. Le 11 février 2009, il prenait valeur décrétale sous le couvert du DAR, le Decret de l'Autorité Régionale.

    -La Cour constitutionnelle a considéré, il y a quelques semaines, que le DAR était illégal. Cette invalidation est considérée comme une porte ouverte aux recours au Conseil d'Etat et non plus à la Cour constitutionnelle.

    -Les "consorts Namèche" sont assistés par les avocats Me Michel Bribosia et Me Denis Brusselmans. Ce dernier connaît le dossier, puisqu'il était déjà conseil des consorts de le Court/Terlinden, qui avaient introduit un recours qu'ils avaient abandonné après avoir obtenu satisfaction concernant les expropriations de leurs propriétés.

    -Le Conseil d'Etat ne statue que sur la forme d'un permis. Il n'aborde pas les questions de fond.

    -Les travaux pour le contournement de Couvin ont débuté en septembre 2011. Une première phase, la construction d'un pont enjambant l'Eau Noire, a été achevée. De nombreux déboisements ont été effectués aux abords de l'ancienne route de Brûly, comme en témoigne la photo ci-dessous.

    BERNARD THEIS

     

    carte 20130102 001.JPG

     

    Lien permanent Catégories : Couvin: quoi de neuf? 0 commentaire
  • Couvin: un recours contre le contournement

    C'est sous le titre "Bardaf! Un recours contre l'E420" que Patrick Lemaire, notre confrère de L'Avenir, révèle ce samedi 5 janvier ce que beaucoup craignaient... ou espéraient! Un recours a bien été déposé contre le permis d'urbanisme autorisant la construction du contournement de Couvin.

    Ce recours a été déposé le 31 décembre. La démarche semble logique: la Cour constitutionnelle a invalidé le DAR (Décret de l'Autorité Régionale) qui avait permis de donner une valeur décrétale au contournement de Couvin. Dès lors, les délais initiaux pour introduire un recours sont toujours d'actualité et reprennent leur cours là où ils avaient été interrompus.

    Comme l'indique l'article de notre honoré confrère, c'est un Monsieur Namèche qui introduit ce recours. Il possède au fond de la vallée une propriété arborée et garnie d'un étang. "Le talus de l'autoroute va empiéter sur son parc et barrer inexorablement son paysage, juste sous ses fenêtres", écrit Patrick Lemaire.

    La construction du contournement de Couvin est déjà commencée et le déboisement est visible le long de l'ancienne route Couvin-Brûly. Il offre de nouvelles vues inédites sur la ville de Couvin. Par contre, il interpelle par son caractère dévastateur: une véritable mise à blanc !

    Les travaux pourront-ils continuer? Pour l'heure, c'est l'incertitude. Si le Conseil d'Etat suspend ou annule le permis d'urbanisme, ce sera autant de retard imposé à la construction. S'il s'agit d'une annulation, il faudra reprendre une partie de la procédure. Ce sera alors reparti pour un tour, avec son cortège d'études, d'enquêtes, de rédactions.

    Quoiqu'il en soit, ce nouvel épisode dans la saga du contournement de Couvin confirme ce que nous avons toujours écrit: c'est un dossier pourri, pollué par la trop grande multiplicité des intérêts publics ou privés et par l'incompétence de la Région wallonne qui s'est montrée incapable de bétonner le dossier.

    Affaire à suivre, de nouveau!

    BERNARD THEIS

     

    Lien permanent Catégories : Couvin: quoi de neuf?, Dans la presse ou à la télé 2 commentaires