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  • Macon: feu vert du ministre Henry pour le projet éolien. Est-ce bien raisonnable? Et la démocratie ?

    (Billet d'humeur basé sur l'actualité)

    Le ministre Philippe Henry, l'Ecolo qui a l'Aménagement du Territoire dans ses attributions de ministre régional wallon, vient de donner son feu vert pour l'implantation d'un parc éolien à Macon, dans l'entité de Momignies. Ce projet, nourri depuis plusieurs années par la société Windvision, annonce l'érection de cinq mats aux lieux-dits "Fayi" et "Plaine par-delà l'arbre" à Macon. Le projet initial déposé et "corrigé" au fil du temps par cette société n'a été modifié par le ministre que sur un seul point: une des éoliennes prévues se trouvait trop près des habitations, elle ne participera donc pas au projet. Cinq mâts pourront donc être érigés.

    Si l'on peut admettre qu'une décision soit prise, on peut s'interroger sur la nature de cette décision. Celle-ci ne va pas dans le même sens qu'un bon nombre de citoyens, qui avaient fait part de leur désapprobation face à ce projet. Ces citoyens s'intégrent d'ailleurs dans une tendance, assez généralisée dans le sud de l'Entre-Sambre et Meuse, de voir d'un mauvais oeil tout projet d'implantation de nouvelles éoliennes.

    "Le Couvinois", le blog qui vous dit quoi, prend acte de ces positions citoyennes. Et en finale, il y souscrit.
    Voici pourquoi...

    Analyse

    -Philippe Henry n'en est pas à une erreur près... Ce ministre Ecolo, qu'un député wallon, non sans une certaine démagogie, avait qualifié de "catastrophique", habitue à susciter la méfiance à force de donner des feux verts à des projets contestés. Le plus bel exemple: l'autorisation donnée à Carmeuse d'ouvrir un nouveau site d'extraction de calcaire sur Saint-Aubin/Hemptinne (Florennes), projet qui avait provoqué une levée de boucliers appuyée par une pétition de quelque 7000 signatures. Excusez du peu. Henry tient-il compte des citoyens ?

    -On a l'impression que ce ministre obéit à des intérêts et pressions qui sont bien loin d'un idéal démocratique. Une pression syndicale a favorisé la décision concernant Carmeuse... On peut se demander à présent si le ministre n'obéit pas aux exigences de l'Europe ou des "lobbyings éoliens". Dans l'un et l'autre cas, c'est la finance aveugle qui chapeaute les décisions. L'idéal initial écologiste de contrer la toute-puissance des électriciens s'abaisse face aux exigences de la finance. Ce n'est pas mieux. C'est pire. On se trouve dans un registre non pas productif mais spéculatif. Les promoteurs éoliens le savent et sont avant tout des financiers plutôt que des techniciens ou des environnementalistes.

    -La production électrique issue des éoliennes ne profite pas aux habitants des contrées où elles sont installées. Rares sont les éoliennes citoyennes et les quelques efforts annoncés par les promoteurs sont dérisoires au regard des bénéfices engrangés. Les communes ne prélèvent pas de taxes spécifiques.

    -Par contre, les citoyens doivent subir les conséquences de la présence des éoliennes. Les bruits et effets stroboscopiques perturbent. Les paysages sont gâchés. Les terrains perdent de leur qualité et de leur valeur. Les éoliennes confisquent des terres vraisemblablement bonnes à des agriculteurs qui ont peine à nouer les deux bouts.

    -La destruction des paysages est une atteinte forte à ce capital le plus précieux qui caractérise notre région d'Entre-Sambre et Meuse. Ces environnements préservés, cette couleur verte que le ministre écolo semble ignorer superbement, attirent les touristes. Eux au moins savent ce qui est beau. Et quand dans une région, le retour d'une industrie performante et pourvoyeuse d'emplois apparaît comme un rêve, le tourisme est un facteur important de redéploiement socio-économique. Les éoliennes pourraient être érigées ailleurs, le long des autoroutes ou aux abords des parcs industriels, notamment.

    -Enfin, s'il est légitime de proposer des alternatives à l'énergie nucléaire douteuse sur le plan technique -des accidents arrivent- et dangereuse sur le plan citoyen (car les dispositifs de sécurité en arrivent à menacer nos libertés), il serait encore plus légitime d'apporter un soutien volontaire et dynamique à des méthodes plus saines, moins destructrices et efficaces: la biomasse, l'utilisation (raisonnée) des forêts, les alternateurs à faible vitesse, pour ne citer que ces exemples.

    BERNARD THEIS

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