Gens d'ici et d'ailleurs

  • Couvin: "La Bataille de l'Eau Noire" ou l'épopée victorieuse des irréductibles couvinois

    Au début de l'année 1978, Guy Mathot, alors Ministre des Travaux Publics, annonce qu'un barrage va être construit sur l'Eau Noire. Dans l'intention, l'idée n'est pas neuve: certains "spécialistes" préconisaient, déjà à la fin du 19e siècle, la construction d'un réservoir d'eau à Couvin. Et en 1973, l'ingénieur Malfaison, reçu au conseil communal de Couvin, avait évoqué le projet d'un barrage en même temps que la programmation d'un évitement routier léger de Couvin... par l'ouest de la ville.

    Guy Mathot  ne s'imaginait pas que les Couvinois allaient réagir durement et avec détermination contre ce projet. Pourtant, il y avait de quoi se révolter et de prier le ministre mégalomaniaquebarrage projet.jpg de noyer sa copie. S'ils avaient laissé ce projet se concrétiser, les Couvinois vivraient maintenant à quelques dizaines de mètres d'une énorme digue de 70mètres de haut et 700 mètres de large, barrant la vallée de l'Eau Noire (le Fond de l'Eau) et celle du Ry de Pernelle, ces deux vallées étant noyées sous quelque 160 millions de mètres cubes d'eau. Soit, par comparaison, plus de 70 fois la capacité de l'actuel barrage du Ry de Rome. Les désastres paysagers, environnementaux, économiques, auraient été irrémédiablement dramatiques avec ce projet dont l'inutilité a été rapidement démontrée. (voir la carte-dessin de ce projet, ci-contre)

    On doit cette issue victorieuse à la détermination, le courage, l'audace, la créativité, la subtilité des "Irréductibles couvinois qui, pendant neuf mois à partir du 1er janvier, de l'année 78, se sont investis dans l'opposition à ce barrage.

    Citoyen de la butte de Pesche depuis quelque six ans, Benjamin Hennot, au contacts de voisins qui lui ont raconté leur lutte, a décidé d'en faire un film documentaire. Comme il le dit lui-même dans la vidéo ci-dessous, il n'a pas ménagé ses efforts, recherchant la matière de son film dans les bibliothèques, les archives audio-visuelles et surtout, les témoignages des acteurs de l'époque.

    Ce film, réalisé par Benjamin Hennot, produit par Marie Kervyn pour YC Aligator Films, est terminé et présenté en avant-première cette semaine et ce week-end à Couvin. A ne pas manquer évidemment.

    En pratique

    -Ce jeudi 7 mai à 20h: dans le cadre des Jeudis du Doc en partenariat Centre culturel Christian Colle de Couvin et Ciné-Ecran.net de Couvin, projection en avant-première du film en présence du réalisateur Benjamin Hennot et de la production. L'événement sera égayé par la prestation d'une chorale qui interprétera une chanson anti-barragiste, par la présence d'un groupe de musique manouche. Sponsors aidant, il y aura de la bière locale à boire et du boudin noir local à manger! Inutile de dire qu'il est urgent de réserver, s'il y a encore des places. 0486 43 01 52.

    -Deux projections sont prévues au Ciné-Ecran.net, mais sans musique, sans boudin et sans bière locale: le samedi 9 mai à 18h et le dimanche 10 mai à 18 h.

    Ciné-Ecran.net: place Général Piron, Couvin. 0486 43 01 52

    La vidéo

    Benjamin Hennot et la productrice Marie Kervyn présentent le film. Point de départ: la consultation des archives au Centre culturel Christian Colle de Couvin....

     

     

     BERNARD THEIS

     

    Lien permanent Catégories : A l'agenda, Couvin: quoi de neuf?, Gens d'ici et d'ailleurs, Histoire et patrimoine, Vie associative, culture, arts 1 commentaire
  • Thomas Vereecke retrouve une voie normale après The Voice

    Il est plutôt discret et "introverti", Thomas Vereecke. Pour peu, on serait étonné de le voir s'éclater ainsi sur scène, débordant d'énergie, convaincu par sa musique et soucieux de la partager avec beaucoup de générosité et de qualité. Il vient de sortir son premier single, qui a la particularité de n'être audible que sur le net, You Tube aidant. Un titre, "No one can save us", résultant d'une collaboration "régionale" et internationale. Cliquez sur "You Tube" ci-dessus et d'emblée, vous le découvrirez.

    Thomas Vereecke 20141125 025 .JPGCe premier opus résulte en premier chef d'une collaboration avec Alonza Bevan. Celui-ci est un monument, une star. L'Anglais (il est Gallois en fait) est cofondateur du groupe "Kula Shaker", présenté comme un groupe rock psychédélique londonien et dont le titre "Hush" (clic)fut sans doute le plus connu.

    Et il se fait que la réalité internationale rencontre la réalité régionale, puisque Alonza Bevan habite Lompret. Il y a aménagé un  studio d'enregistrement, où Thomas Vereecke a pu enregistrer "No one can save us". "Avec Alonza, nos motivations personnelles se sont rencontrées, explique Thomas Vereecke. "Actuellement  deux morceaux sont terminés, on marque ainsi le coup. Un premier est en ligne. le second morceau, "Butterfly", sera mis en ligne vers la mi-décembre. Outre Alonza, ce premier opus a pu bénéficier de bonnes collaborations: les paroles ont été écrites à distance avec une amie canadienne, des musiciens amis de Londres ont aussi mis leur patte. La musique est au départ une ballade acoustique sur laquelle sont venus se greffer des arrangements pour donner finalement quelque chose d'assez soul."

    Inévitablement, l'exéprience de "The Voice" vient dans la discussion, un peu "ma non troppo", car l'artiste est tenu contractuellement à une confidentialité plus que contraignante, qui ne manque pas de susciter quelques questions troublantes quant à la liberté d'expression et d'action des artistes. Soit.  "Ce fut enrichissant et édifiant, mais je n'y étais pas à l'aise. Il fallait tout donner en 1'30, je ne pense pas que la musique s'installe comme cela. En plus, l'aspect compétition me dérange."

    Thomas Vereecke 20141125 028 .JPGLa page The Voice étant tournée, d'autres voies s'ouvrent. Elles ne sont pas tracées d'office, elles ne sont pas sans interrogations, mais elles sont porteuses d'espoir: chanter en anglais ou en français; la semaine prochaine, rencontre avec un manager; sessions de studio; collaboration avec l'académie de musique de Sivry-Rance pour un concert grandiose, avec 70 musiciens, le 10 janvier à Sudhaina à Baileux... Pour Thomas Vereecke, il est trop tôt pour vivre à temps plein de sa musique, mais ne pas se fixer ce but serait manquer d'ambition et ce n'est pas le cas, raisonnablement. Le jeune Tomas a la chance d'être bien épaulé et suivi par son père Dany qui a vécu étroitement l'épisode "The Voice" avec sa progéniture. Qu'en pense-t-il? "The Voice, c'était une petite étape. Il y a maintenant une notoriété à poursuivre."

    On n'oubliera pas, cependant, que l'épisode The Voice avait suscité un enthousiasme régional fort, bien relayé par Couvin.com. "Ce morceau, que l'on peut écouter en audition libre gratuitement, mais qu'on ne peut pas encore télécharger -ce sera bientôt le cas, moyennant payement-  est en quelque sorte un cadeau offert pour les auditeurs qui m'ont soutenu".

    Quand nous écrivions, en tête de cette note, que Thomas Vereecke était animé du désir de partager avec beaucoup de générosité et de qualité, nous ne nous trompions pas. C'est bien vrai. On se délecte donc de ce bienfaisant "No one can save us", on  attend la suite et on restera attentif à l'évolution de la carrière de ce jeune artiste prometteur. On peut déjà être assurés de ne pas être déçus.

    BERNARD THEIS

    https://www.youtube.com/watch?v=CJRgT_Z8FKs

     

    Lien permanent Catégories : Botte du Hainaut, Couvin positif, Couvin: quoi de neuf?, Gens d'ici et d'ailleurs, Vie associative, culture, arts 1 commentaire
  • Viroinval: Bruno Buchet est décédé

    BUCHET Bruno Viroinval 8 oct 2006.JPGLa commune de Viroinval est en deuil. Son bourgmestre Bruno Buchet est décédé ce vendredi 17 octobre, des suites d'un accident survenu le 22 décembre 2013. Il laisse dans une profonde tristesse non seulement ses concitoyens, mais aussi et surtout sa famille: sa compagne Delphine, ses deux filles Laurine et Ysaline et son frère Didier.

    La commune de Viroinval se souviendra de cette soirée du dimanche 22 décembre 2013. Peu après 20h30, le bruit courait que Bruno Buchet, 47 ans, bourgmestre de la commune, venait d'avoir un grave accident entre Nismes et Olloy-sur-Viroin sur la RN 99. Un accident qui l'avait plongé dans un coma profond. Malgré tous les soins qui lui furent prodigués, les interventions chirurgicales successives, le soutien admirable de sa famille et de ses nombreux amis, Bruno Buchet ne s'est pas réveillé. Son combat pour un retour à la vie s'est achevé ce vendredi 17 octobre.

    Convaincu de ses idées socialistes, humble et ouvert aux autres, proche des habitants de son entité, Bruno Buchet s'était impliqué dans la vie politique, gravissant successivement les marches du pouvoir communal jusqu'à leur sommet. Il fut un échevin des finances attentif et rigoureux dans un contexte financier très difficile. Il devint ensuite bourgmestre, supplantant de quelques voix le premier de la liste Pour, le député fédéral Jean-Marc Delizée. A l'issue des élections d'octobre 2012, il repartait pour un nouveau mandat mayoral.

    Municipaliste convaincu, soucieux d'apprendre ce que ses compétences initiales ne lui permettaient pas d'approcher avec précision, Bruno Buchet sut se montrer un premier magistrat communal digne et compétent, contribuant à faire de sa commune un modèle de gestion d'une entité rurale. Il était aussi déterminé à défendre avec opiniâtreté des causes qu'il jugeait justes, tel que la lutte des Palestiniens pour la création d'un Etat démocratique. On se souviendra notamment de ses coups de gueule à l'adresse des banques soupçonnées de financer la colonisation des territoires palestiniens par les Israéliens.

    Des visites sont organisées ce samedi 18 et ce dimanche 19 octobre au domicile du défunt, rue Jean Chot à Olloy-sur-Viroin. Un hommage est prévu ce lundi 20 de 14 à 18 heures au château communal, à Nismes. Les funérailles se dérouleront mardi 21 octobre à Olloy-sur-Viroin. Levée du corps à 14h, absoutes à l'église à 14h30.

    BERNARD THEIS
    (photo archives B.TH.)

     

    Lien permanent Catégories : Gens d'ici et d'ailleurs, Viroinval 1 commentaire