archéologie

  • Couvin: on a découvert des tombes gallo-romaines (exclusivité)

    Couvin vestiges nécropole galloromaine site Patigny 31 juil 2013 (4).JPGLes chantiers de construction ou d'assainissement réservent parfois quelques surprises. C'est le cas dans un site de Couvin -par sécurité, Le Couvinois ne donnera pas davantage de détails quant à sa localisation précise- où une nécropole gallo-romaine vient d'être découverte.

    Il y a quelques semaines, le préposé à la surveillance des lieux (propriété d'une société néerlandophone) avait eu son attention attirée par des formes inhabituelles se distinguant dans la paroi d'une excavation. Cherchant davantage, il a remarqué un vase en relativement bon état incrusté dans la paroi et découvert une coupelle en sigillé et des fragments de grandes cruches. Finalement, le Service Public de Wallonie, plus précisément le Service de l'Archéologie en Province de Namur s'est rendu sur place et a repéré d'autres élements dignes d'intérêt. La nécropole daterait du deuxième ou du troisième siècle de notre ère.

    "C'est ce qu'on appelle une découverte fortuite", nous a expliqué Pierre-Hugues Tilmant, du Service de l'Archéologie. Ce mercredi 31 juillet, il était sur place à Couvin avec ses deux collègues Marcel Bourguignon et Julien Saint-Jean, chargés du laboratoire du service de l'archéologie. Par les fragments découverts de céramique et d'ossements partiellement carbonisés, ils confirment sans équivoque la nature gallo-romaine des deux sépultures découvertes. L'une est cependant quasiment complètement détruite, probablement à la suite de travaux antérieurs.

    Mais comment expliquer la présence d'une nécropole Couvin vestiges nécropole galloromaine site Patigny 31 juil 2013 (1) gros plan.JPGà cet endroit? Pierre-Hugues Tilmant: "A cette époque gallo-romaine, les nécropoles étaient le plus souvent aménagées en-dehors des agglomérations et le long des voies de communication. Ce sont des tombes à incinération. Dans la mieux préservée des tombes, on a découvert des fragments d'au moins quatre vases, ainsi que d'autres fragments, notamment d'ossements qui n'ont pas été entièrement carbonisés, compte tenu des techniques d'incinération de l'époque, sur un bûcher. Un des vases est particulièrement bien conservé (ndlr: photo ci-dessus). Tous ces fragments vont être vidés, nettoyés, photographiés, dessinés et analysés, ils pourraient nous livrer des renseignements intéressants, comme l'âge ou le sexe des défunts. De  manière générale, nous allons sauvegarder un maximum de ce qui peut l'être et nous ferons un suivi de chantier, restant en alerte et à l'écoute de toute autre découverte. Il est vraisemblable que d'autres tombes existent dans les parages."

    Cette découverte fortuite, qui a été signalée au propriétaire des lieux, ne menace pas les travaux en cours dans ce changobelet Couvin.JPGtier. Elle indique la présence d'humains à Couvin à cette époque et ce, 123 ans après une découverte particulièrement intéressante au "Trou Bodet" (aujourd'hui la rue Adolphe Gouttier). On y avait retrouvé en 1890 un gobelet à décor de course de chars, daté de la seconde moitié du premier siècle de notre ère. Un document quasiment unique, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un exposé détaillé lors de la Journée d'Archéologie Romaine 2011. Pour lire cet exposé, cliquez ici et rendez-vous aux pages 47 à 52.

    A notre connaissance, aucune découverte significative relative à cette époque n'avait été faite depuis lors à Couvin. La "découverte fortuite" de ces derniers jours relancera peut-être l'intérêt des archéologues et historiens à fouiller le passé du Couvinois.

    (Photo: le gobelet de Couvin, (c)KIK-IRPA, Bruxelles, J.-L. Elias.)

     

    BERNARD THEIS

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