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  • Viroinval: les femmes sont belles... et re-Belle(s)

    Cette société de bandes de machos laisse-t-elle une place aux femmes? plus reBelle 20140204 002.JPGN'est-il pas d'ailleurs significatif et interpellant que le terme "homme", qui renvoie à la masculinité "mâle et triomphante", désigne aussi une humanité dont au moins une moitié des membres est féminine?
    Place disponible ou pas, les femmes sont de plus en plus nombreuses à  vouloir prendre la leur. Et à le dire, parfois dans la rue, mais aussi, plus simplement, dans un vécu quotidien dopé par la force d'être ensemble, de parler, de s'interroger sur son sort et celui de ses proches, de trouver des réponses concrètes à ces questions... Parodiant une célèbre série télévisée qui véhicule les clichés traditionnels et renforce autant les séparations que les inégalités, des femmes de Viroinval et de cette région du sud de l'Entre-Sambre et Meuse ont créé un groupe "Plus re-Belle la Vie".

    Les femmes sont touchées de plein fouet, très certainement plus que les hommes, par ces réalités malheureuses qui portent des noms que la société cherche à cacher: injustice, inégalités, chômage, précarité, malbouffe... Un fatalisme auquel justement, un groupe de femmes veut s'opposer, à Viroinval. Avec la collaboration discrète de PAC et du Plan de Cohésion Sociale, Sandrine, Lahouaria, Axelle, Céline, Sophie, Maryline et toutes celles qui vont aller les rejoindre, se réunissent tous les mardis de 13 h à 16 dans la salle "cabaret" du centre culturel Action Sud, à Nismes.
    D'emblée, que les mauvaises langues se taisent! Non, ces réunions, ce n'est pas pour prendre le thé, manger les petits gâteaux "maison" pétris du matin, s'échanger des recettes ou des aiguilles à tricoter. Ces femmes, belles -puisqu'elle le sont toutes, comme dit la chanson- sont aussi re-Belles et articulent leur action sur une méthode construite autour de quelques verbes. "S'interroger sur le fonctionnement de notre société et déceler les souffrances qu'elle inflige à ses membres. Analyser, comprendre les mécanismes qui causent ces situations difficiles et injustes. Imaginer et construire des alternatives, des nouveaux modèles qui permettent plus de justice. Oser agir sur notre avenir en mettant en place des actions concrètres qui feront changer les choses. Enfin, partager les expériences avec d'autres"... Et, en conclusion provisoire: "Agiter le monde".

    Ce groupe sans structure juridique (du moins, pas encore) est de formation fort récente. Il entend bien apporter sa marque féminine dans une société qui exerce sa violence tous les jours. Une violence impitoyable même, aveugle, sourde et exempte de moralité. Au-delà des verbes, Sandrine, Lahouaria, Axelle et les autres planchent sur un service de baby-sitting, l'amélioration des transports en commun, l'information sur des services existant déjà mais peut-être mal connus, l'échanges de services, l'entraide entre femmes, la garde des enfants, les échanges de savoirs. Les hommes sont exclus des réunions: "Pour que les femmes soient à l'aise", loin de regards masculins qui n'hésiteront pas à les  juger sous toutes les formes. En revanche, toutes les femmes sont bienvenues aux réunions hebdomadaires: "Toute nouvelle personne apporte quelque chose", s'exclame Isabelle avec un enthousiasme réjouissant.
    Envie d'en savoir plus, de rejoindre le groupe? Il est présent sur Facebook (cliquez). Vous pouvez aussi contacter Céline au 060/31 22 67.
    En attendant, découvrez-les porte-parole (provisoires) du groupe dans la vidéo ci-dessous.

    BERNARD THEIS

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